Arcangelo Corelli : La Follia


Texte du Lutin d’Ecouves : La Folia est, à l’origine, une danse dont il est fait pour la première fois mention dans un texte portugais du XVe siècle. Il s’agissait d’un rite chorégraphique lié à la fertilité lors duquel les danseurs portaient des hommes habillés en femmes sur leurs épaules. Le rythme rapide de la danse ainsi que son aspect insensé furent certainement à l’origine de son nom. Parmi un certain nombre de thèmes, émergea une mélodie de base. Jusqu’au milieu du XVIIe, elle se répandit en Italie (Follia) et en France (Folie d’Espagne) puis le thème évolua rapidement pour prendre sa forme définitive dans cette suite d’accords : réM/La7/réM/do/fa/do/réM/la7 réM/La7/réM/do/fa/do/rém-la7/réM Apparue aux alentours de 1650 puis publiée en 1672 par Lully, cette mélodie se stabilisera en se ralentissant et devint le thème d’innombrables variations dont les plus célèbres furent celles de Corelli parues en 1700. A partir de ce moment, Les Folies habitèrent consciemment et parfois inconsciemment la musique occidentale et ne la quittèrent plus. La plupart du temps, elles prirent la forme « thème et variations » ; parfois elles ne furent qu’une citation sans grand développement (J.S.Bach, Keiser); quelques fois, elles ne furent qu’une inspiration pour une autre mélodie (sarabande de Händel, chaconne de Purcell); elles sont même dissimulées dans certaines œuvres comme dans l’andante de la 5ème symphonie de Beethoven. Même si les XIXème & XXème siècles furent moins riches en Folias, elles inspirèrent de nombreux compositeurs tels que Liszt, Paganini, Rodrigo ou Rachmaninov qui intitula ses variations « sur un thème de Corelli » car il ignorait l’origine exacte de la mélodie. De nos jours, les Folies hantent encore notre imaginaire musical et l’on peut les retrouver dans des musiques de film (La B.O. de Barry Lyndon de Kubrick inspirée de la sarabande de Händel ou bien celle de 1492 de Ridley Scott composée par Vangelis.) et, plus surprenant, dans l’univers des jeux vidéo (bande sonore de Final Fantasy IX composée par Nobuo Uematsu).

1 Arcangelo Corelli
1653-1713

Commençons par le plus connu : Les variations sur la Follia d’Arcangelo Corelli, compositeur italien né à Fusignano en Romagne.

Ce compositeur dont une grande partie de la carrière se déroula à Rome a eu une production limitée (6 numéros d’opus) entièrement consacrée au violon mais il est rapidement devenu la référence européenne en ce qui concerne cet instrument.

La douzième sonate de l’opus V (1700) “Follia” (Thème et 23 variations) est d’un seul tenant, contrairement aux autres. Cette pièce rendra Corelli tellement célèbre qu’on lui attribua parfois la paternité du thème alors que d’autres l’avaient déjà exploité auparavant (comme Lully ou Marais en France).

Durant la vie du compositeur, cet opus V connut une douzaine d’impressions et on continua d’en tirer des dizaines d’éditions lors du siècle suivant. Et tout cela grâce à cette douzième sonate dont on compte à ce jour 202 enregistrements sur disque (Ok, on est loin des 3000 versions de Yesterday des Beatles mais quand même…).

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